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MASSACRE
DU
PRINTEMPS

LE MASSACRE DU PRINTEMPS

Théâtre Paris-Villette 11 mars- 03 AVRIL  2021 

Théâtre de Rungis 08 avril 2021

Théâtre de la Manekine 23 avril 2021

Durée 1h20

Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser cloué au sol. Pourtant tu vas découvrir des forces inespérées. Elles vont t’inspirer pour inventer des printemps, même sur pelouse synthétique.

À un moment donné de ma vie, j’ai été confrontée à un destin tragique et ce destin c’était le mien : accompagner les cancers successifs de mes parents. Aujourd’hui en temps de paix, je reviens sur le temps volcanique de cette héroïne. En ce  temps-là j'étais, jour après jour, à la fin de ma vie et au commencement d’une nouvelle existence. En ce temps-là, j'ai vu, perdus ,dans chaque faille de l'institution, des humains en blouse ou en pyjama.

Depuis je rêvais d'asseoir tout le monde à la même table, patients, soignants, aidants. Au fond tout cela reste assez classique, je fais exactement ce que Molière a fait. Il perd sa mère et il écrit le Malade Imaginaire, je perds la mienne et je secoue le théâtre. Aujourd'hui ce ne sera pas en alexandrins.

EXTRAIT

Ce qu’il faudrait là c’est des enfants. Des enfants qui courent là tout autour de nous. Puis viendrait le moment où on comprendrait ce qu’ils font. Ils ne courent pas dans tous les sens. Ils se poursuivent. Si on avait le temps, si on prenait le temps, si on avait le rythme on pourrait les compter. Dix cowboys courent derrière dix indiens. Bientôt douze cowboys. Bientôt 14 cowboys. Bientôt il ne reste qu’un indien. Bientôt tous cowboys et ils se poursuivent encore, encore, encore. Car le plaisir est dans la course. Le plaisir est dans la victoire peut-être. Mais dans la course, courir après quelqu’un. Car on meurt pour de faux et on peut toujours se relever et courir, courir, courir les uns après les autres.

Ne jamais s’arrêter. Etre indien et courir loin. Sentir la terre dans mes jambes. La liberté sur le flanc d’un cheval. Et rêver oui rêver perclus de coups durs. Mais poursuivre et rêver. Car le plaisir est dans la course.

La vérité est dans les jambes. Dans ce corps qui sait, comprend et connait. Tout de chacun. S’éloigne, s’enfuit, les jambes, on les prend à son cou, à fond de train on détale. On avance, avec l’énergie sauvage. On saute d’îles en îles. Dans la joie de connaître combien le gouffre est profond et plus on connait ce gouffre et plus on saute haut. Plus on l’a approché et plus le muscle est élastique et puissant et il nous envoie à corps perdu nous jeter libres libres libres sur des sols puissants. Et le muscle nous envoie nous jeter libres libres sur les autres puissants. Non plus les frêles, qui ne savent pas, qui piétinent, qui ont peur d’avancer, de risquer de tomber. Le muscle nous envoie vers les autres vibrants. Et on court dans le seul but de la joie de courir. Et d’en pleurant inonder les gouffres, les remplir des eaux, les rendre bleus et non plus noirs profonds. Et avancer sans se cogner la chair entre les dents.

DISTRIBUTION

Travail dirigé par Elsa Granat

Dramaturgie de Laure Grisinger

L’accompagnante

Elsa Granat 

Edith Proust 

L’aide-soignante
 Clara Guipont

Médecin oncologue Hélène Rencurel

Le père Laurent Huon

 

Création sonore & le musicothérapeute Antony Cochin

 

Création lumières Vera Martins

 

Création costumes Marion Moinet

 

Construction décor François Delauney & Suzanne Barbaud

 

Captation Franck Guillemain

 

Régisseur Julien Crépin

AVEC LE SOUTIEN DE 

création au Théâtre Studio d’Alfortville mars 2017

Théâtre Antoine Vitez d’Ivry

SPEDIDAM

LES PLATEAUX SOLIDAIRES ARCADI

Le CENT QUATRE

REMERCIEMENTS

Aux ateliers du Théâtre de l’Aquarium

Au Théâtre de la Colline

Au Théâtre de Châtillon

A Jenny Bellay