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KINGLEAR/HANDLE WITH CARE

S'emparer d'un mythe pour regarder comment fonctionne aujourd'hui notre rapport à la vieillesse, à l'éducation et à l'héritage.

KING LEAR/HANDLE WITH CARE

Theatre du Train Bleu, AVIGNON
Le 11 juillet à 11H

Présentation documentaire

Cette création s’inscrit dans une continuité du précédent spectacle LE MASSACRE DU PRINTEMPS. J’abordais avec cette création les rapports parents-enfants-soignants dans le contexte de la maladie. La connexion s’est faite naturellement vers une autre étape de vie, la vieillesse. Je voudrais continuer à mettre en perspective le soin que l’on a les uns des autres, au travers de cette pièce mythique.

Un thème qui m’obsède: appliquer le concept psychologique de la résilience, à la société. J’ai écrit le Massacre du PRINTEMPS, dans cette optique, en partant de mon vécu de jeune aidante auprès de mes parents, pour ouvrir vers une nouvelle façon de penser les relations médecin/patient. Je m’intéressais à comment notre société traite l’état de faiblesse. Je souhaitais montrer une nouvelle façon de regarder les malades et les médecins, pour que tous avancent ensemble et non plus en affrontement, de techniques et de savoirs. Aujourd’hui j’aborde, la fin de règne, l’avenir de nos vieux et le conflit des générations en agitant l’oeuvre mythique de Shakespeare, KING LEAR. Je  cherche à faire dialoguer 2 conceptions du monde, celle de 1608 et celle d'aujourd'hui.

Voici notre situation initiale, le mariage de Cordélia avec « le roidefrance ». Son amoureux, qu’elle appelle comme ça pour se moquer, parce qu’elle se moque de tout, surtout de ceux qu’elle aime.

 

Je voudrais tester les pistes d’une écriture traversée. Je m’explique. Je cherche à quoi nous sert le théâtre aujourd’hui et par conséquent à quoi nous servent les textes de théâtre. Nos occupations pourraient être bien différentes, nous sommes sollicités par mille activités, du yoga, au fooding, des séries, aux chaînes youtube, mille sujets, de l’écologie, aux migrants, etc. Je me pose la question de notre attention et du public. Où est il? que fait-il? Que voit-il?

Je me dis que le théâtre peut nous permettre de remettre en histoire , en perspective notre humanité, car il est une mémoire. C’est un art vieux, un patrimoine, en fait. Ce que je me suis longtemps refusée à admettre. Aristote a dit 3 trucs fondamentaux et depuis nous tournons toujours autour de ses règles. Anciennes. Rien n’a vraiment révolutionné les fondations de cet art. Pas de révolution industrielle,  pas de révolution culturelle qui nous détache d’Aristote. 

 

Ainsi quand j’ai fini de me lamenter sur l’absence de formes nouvelles,  je me dis qu’il y a là une force considérable, pour autant qu’on veuille s’en saisir. Nous avons toujours la capacité de comprendre le théâtre ancien. Chose inouïe. Nous serions infoutus d’envoyer un télégramme par exemple. Mais le théâtre de Shakespeare, entre autres, on peut le comprendre. 

 

Il représente pour moi un polaroïd de son époque, un ADN de son temps. Un morceau de peau intact de dinosaure. 

 

Je continue mon raisonnement.

 

Cette chose est morte et n’a pas de raison d’être, de revenir à la vie. Sauf, pour entrer sur scène et incarner un dinosaure. Et là c’est magique. 

 

Nous avons notre Jurassic Park. C’est Spielberg en pentamètres iambiques. Le dinosaure est effrayant, incompris et incompréhensible, mais foutrement palpitant.

Lear va arriver comme ça dans le jardin de notre monde contemporain. Ses filles et son entourage appartiennent au monde d’aujourd’hui et lui incarne le vieux monde, l’ancienne civilisation, l’ancienne conception des rapports filiaux, de loyauté, d’amour. Il fait des guerres en couches Confiance. Les filles se demandent juste qui va hériter de l’hospitalisation à domicile et il ne parle que de ses guerriers mal reçus dans les châteaux de ses enfants. 

 

Il délire; Le théâtre vieux, n’est possible que comme un alzheimer de notre aujourd’hui. Un délire de fou. Dans lequel il va être impératif de rentrer pour communiquer avec lui. Sans quoi tout lien sera perdu. Mais ça reste un délire de fou. La langue n’est plus la même car la réalité ne l’est plus. Et c’est juste, c’est bien, c’est normal.

EXTRAITS d'ECHANGES AVEC LES ACTEURS

De Laurent à Elsa

ma chere Elsa .

la mort le seul pays dont on ne revient pas.

ou pas completement.apres une breve mort clinique et une traversee de dix jours ,pietre odyssee,j en suis apparemment revenu.comment renouer avec ce monde des vivants?la generation circulaire des contraires,de la mort nait la vie,une vie autre.comment ne pas se perdre dans cet incessant va et vient entre deux mondes? j en suis la. ta parole m encourage a parler,si peu.merci d exister.a bientot

De Elsa à Laurent

Cher Laurent 

 

Quelle joie de te lire. 

Confirmation absolue que la rencontre est au bon endroit.

Absolue.

Je t’embrasse fort.

Tu serai dispo sur les 2. Semaines?

 

Bien à toi 

Elsa

De Laure à Elsa

 

Une histoire au fond c’est un auteur qui a pris un stylo quatre couleurs. Mais ce n’est pas parce qu’il écrit en quatre couleurs qu’il écrit avec quatre cerveaux et qu’il vit quatre vies. Il ne peut être que là où il se trouve. Une histoire c’est toujours un cas particulier, même quand on décrit celle des autres, on ne peut la percevoir qu’à partir de la sienne d’histoire. On ne peut la raconter qu’à partir de la représentation qu’on se fait de l’autre, représentation qui résulte de sa représentation du monde. Après d’autres peuvent être touchés et s’y reconnaitre, c’est bien le but d’ailleurs, mais ce ne sera jamais leur histoire. Une histoire n’appartient qu’à un seul. 

A la lecture de ton mail j’en viens à penser qu’il y a autant d’histoires du Roi Lear que de personnages dans le Roi Lear.

 

Et que Shakespeare en a raconté qu’une seule, celle de Lear.

A nous de raconter toutes les autres. 

DISTRIBUTION

Travail dirigé par Elsa Granat

Dramaturgie de Laure Grisinger

King Lear Laurent Huon

Cordelia Edith Proust 

Goneril Hélène Rencurel

Regane  Elsa Granat / Roxane Kasperki

Le Fou Clara Guipont

Le Roi de France Lucas Bonnifait

Kent Antony Cochin

Distribution en cours

DOCUMENTAIRE

Réalisation- Montage- cadre Franck Guillemain

Cadre & son Clarisse Charrier

Franck Guillemain, documentariste, réalise un film sur les répétitions de la compagnie TOUT UN CIEL_LA DECHARGE MENTALE. Il met en perspective ce que c'est que de nos jours prendre soin, des autres, de soi, et d'une création. Il va chercher le ciment relationnel de cette communauté théâtrale, ce bord du monde choisi. Le travail va s'étaler sur plusieurs années.

REMERCIEMENTS

Aux Studios Virecourt

ELSA GRANAT