MASSACRE
DU
PRINTEMPS

"Toutes les histoires se terminent bien. Tout dépend de là où on les arrête."

LE MASSACRE DU PRINTEMPS

Théâtre PARIS VILLETTE
Du 03 MARS au 11 AVRIL  2021 

Théâtre de Rungis

le 08 avril 2021

le 23 avril 2021

Durée 1h20

Il y a des événements comme ça qui semblent insurmontables, tu penses qu’ils vont te laisser cloué au sol. Pourtant tu vas découvrir des forces inespérées. Elles vont t’inspirer pour inventer des printemps, même sur pelouse synthétique.

À un moment donné de ma vie, j’ai été confrontée à un destin tragique et ce destin c’était le mien : accompagner les cancers successifs de mes parents. Aujourd’hui en temps de paix, je reviens sur le temps volcanique de cette héroïne. En ce  temps-là j'étais, jour après jour, à la fin de ma vie et au commencement d’une nouvelle existence. En ce temps-là, j'ai vu, perdus ,dans chaque faille de l'institution, des humains en blouse ou en pyjama.

Depuis je rêvais d'asseoir tout le monde à la même table, patients, soignants, aidants. Au fond tout cela reste assez classique, je fais exactement ce que Molière a fait. Il perd sa mère et il écrit le Malade Imaginaire, je perds la mienne et je secoue le théâtre. Aujourd'hui ce ne sera pas en alexandrins.

(…)

Elsa Granat, auteure-metteuse  en scène de cette fiction bouleversante, ne verse pas de larmes inutiles. Au pathos, elle préfère le rire, même cruel. Et se tient à 

distance de toute sensiblerie. Jouant de la fiction comme d’une balle de ping-pong  qu’elle lance à droite, à gauche, vers le fond  de scène ou le public, elle et ses comédiens 

glissent de séquence en séquence. Ils font  surgir par bribes, ici, le quotidien d’un  personnel médical débordé ; là, les doutes d’une cancérologue arrogante ; ailleurs, la 

révolte de l’orpheline. En peu de temps, des  mots très justes sont posés sur la maladie, la  perte, le deuil. Ils sont reçus cinq sur cinq par  le public, lequel est littéralement happé par  cette forme de récit textuel et scénique qui ne 

ressemble à rien de connu. Très grand  moment.

Joëlle Gayot I TELERAMA TTT

(…) Elsa Granat est une femme de belle compagnie. Elle accompagne des rôles quand elle les joue, des actrices quand elle les dirige ; dans sa pièce « Le Massacre du printemps », elle accompagne la fin de vie de ses parents atteints d’un cancer tout en attendant un enfant. Un épatant théâtre éclaté. 

Jean-pierre Thibaudat I MEDIAPART

S’impliquant dans la mise en scène et  dans le jeu, l’épatante Elsa Granat s’est entourée d’une talentueuse troupe de comédiens. Héléne Rencurel est ce 

médecin névrosée qui n’a pas appris à parler aux familles, qui ne sait pas ce qu’est la compassion. Submergée par 

ses propres émotions, elle est à deux doigts de craquer et d’envoyer tout valdinguer. Clara Guipont est cette 

infirmière prise en étau entre ses sentiments et la dure réalité de son métier. Confrontée à la mort tous les jours, elle finit par craquer dans une scène presque anthologique. 

Olivier Frégaville Gratian d'AmoreI L'oeil d'Olivier

Il est rare au théâtre de rire à gorge déployée tout en ayant les yeux noyés de larmes. Il est rare de boire un spectacle par tous ses pores, toutes portes ouvertes à cette bourrasque qui fait tanguer la douleur et la joie dans un même tourbillon de vie. Mais s'il nous bouleverse en profondeur, Le Massacre du Printemps ne nous laisse pas à terre au contraire. Il nous arme de la réflexion qui l'infuse et ne laisse jamais la souffrance prendre le dessus.

MARIE PLANTIN I Théâtre(S)

Elsa  Granat parle avec fureur de la médecine et du cancer. Avec une pensée pour les survivants.

Gérald Rossi I L’HUMANITE

 

Et je voulais conclure cette longue chronique en évoquant Edith Proust qui interprète le rôle de la jeune femme adolescente. Rarement j’ai vu un tel niveau de jeu, en permanence en mouvement, toujours une proposition, une écoute exceptionnelle, un regard et un investissement qui forcent l’admiration. Comme l’a évoqué une des amies qui m’accompagnait ce jourlà : « J’aimerais revoir la pièce, ne serait-ce que pour me concentrer uniquement sur elle. 

(CECI N'EST) PAS UNE CRITIQUE

 

Le sujet est traité de manière directe et sans détour tel qu’on le prend en pleine figure, les non-‐dits sont mis en scène dans un flot de paroles à l’état brut et sans filtre. Les passages entre la réalité, le souvenir, la fiction s’emboîtent et les temps de silences sont pesants. Sachant créer l’équilibre, le metteur en scène et les comédiens font vivre cette pièce de manière « déjantée », avec un grain de folie appréciable dans la lourdeur du propos qu’Elsa Grant tire de sa propre expérience. Un spectacle « coup de coeur » à ne pas rater. 

Béatrice Stoppin I LE BRUIT DU OFF

Désespérée, drôle et brutale dans son deuil, la jeune Edith est la première danseuse d’un ballet virevoltant d’infirmiers et de médecins. Leurs pas de deux parfois tendres, souvent comiques, toujours maladroits, rythment la course inexorable de la mère vers la mort, de l’adolescente vers une maturité douloureuse. Le tout sous les yeux impuissants de son futur moi d’adulte et d’un thérapeute musicologue qui ausculte et diffuse des créations sonores spécifiques aux mouvements de cette valse macabre. 

Raphaëlle Lalo I THEATR'ELLES

EXTRAIT

Ce qu’il faudrait là c’est des enfants. Des enfants qui courent là tout autour de nous. Puis viendrait le moment où on comprendrait ce qu’ils font. Ils ne courent pas dans tous les sens. Ils se poursuivent. Si on avait le temps, si on prenait le temps, si on avait le rythme on pourrait les compter. Dix cowboys courent derrière dix indiens. Bientôt douze cowboys. Bientôt 14 cowboys. Bientôt il ne reste qu’un indien. Bientôt tous cowboys et ils se poursuivent encore, encore, encore. Car le plaisir est dans la course. Le plaisir est dans la victoire peut-être. Mais dans la course, courir après quelqu’un. Car on meurt pour de faux et on peut toujours se relever et courir, courir, courir les uns après les autres.

Ne jamais s’arrêter. Etre indien et courir loin. Sentir la terre dans mes jambes. La liberté sur le flanc d’un cheval. Et rêver oui rêver perclus de coups durs. Mais poursuivre et rêver. Car le plaisir est dans la course.

La vérité est dans les jambes. Dans ce corps qui sait, comprend et connait. Tout de chacun. S’éloigne, s’enfuit, les jambes, on les prend à son cou, à fond de train on détale. On avance, avec l’énergie sauvage. On saute d’îles en îles. Dans la joie de connaître combien le gouffre est profond et plus on connait ce gouffre et plus on saute haut. Plus on l’a approché et plus le muscle est élastique et puissant et il nous envoie à corps perdu nous jeter libres libres libres sur des sols puissants. Et le muscle nous envoie nous jeter libres libres sur les autres puissants. Non plus les frêles, qui ne savent pas, qui piétinent, qui ont peur d’avancer, de risquer de tomber. Le muscle nous envoie vers les autres vibrants. Et on court dans le seul but de la joie de courir. Et d’en pleurant inonder les gouffres, les remplir des eaux, les rendre bleus et non plus noirs profonds. Et avancer sans se cogner la chair entre les dents.

DISTRIBUTION

Travail dirigé par Elsa Granat

Dramaturgie de Laure Grisinger

L’accompagnante

Elsa Granat 

Edith Proust 

L’aide-soignante
 Clara Guipont

Médecin oncologue Hélène Rencurel

Le père Laurent Huon

 

Création sonore & le musicothérapeute Antony Cochin

 

Création lumières Vera Martins

 

Création costumes Marion Moinet

 

Construction décor François Delauney & Suzanne Barbaud

 

Captation Franck Guillemain

 

Régisseur Julien Crépin

AVEC LE SOUTIEN DE 

création au Théâtre Studio d’Alfortville mars 2017

Théâtre Antoine Vitez d’Ivry

SPEDIDAM

LES PLATEAUX SOLIDAIRES ARCADI

Le CENT QUATRE

REMERCIEMENTS

Aux ateliers du Théâtre de l’Aquarium

Au Théâtre de la Colline

Au Théâtre de Châtillon

A Jenny Bellay

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